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    • Je ne suis pas mort, ce n’est pas possible, et d’ailleurs un mort n’est pas vivant. Moi, je respire, mon corps est bien réel. Mais se dit il que sais tu de la mort, pauvre inculte, quelqu’un est-il revenu en parler?

Mais se dit il que sais tu de la mort, pauvre inculte, quelqu’un est-il revenu en parler ? En parler au monde ?

Quelqu’un a-t-il évoqué une seule fois ce passage de l’état vivant au monde des trépassés ? Peut-être quelques fous, ou des huluberlus en mal de célébrité.

Personne, ni contemporain, ni ayant existé, n’est jamais revenu pour en témoigner.

Alors, tout compte fait, c’est peut-être ça la mort

 

Tout entier submergé par ses pensées, le petit homme, le petit bout d’homme se sentait seul, maladivement seul, tentant de s’accrocher avec l’énergie du désespoir à une vision logique de ce qui lui arrivait.

 

  • ça y est je sais, hier j’ai trop bu. Non, c’est pas possible, pas à ce point là, j’aime bien boire d’accord, les bons vins, la bonne chaire, mais pas jusqu’à me traîner dans cet état. Non, on m’a drogué, c’est ça, on m’a drogué.

     

Tout à ses préoccupations, il ne s’aperçu pas de la présence de D’jeck, qui s’était risqué jusqu’à lui, osant même accrocher de ses griffes, son pantalon à la hauteur de la cuisse.

 

  • N’es pas peur ! Siffla D’jeck , je vais te présenter au Maître

  • Écoute, hideux reptile, sache une fois pour toute, que toi et tes congénères, comme les lombrics, les rats, et les perfides serpents, carpettes malodorantes vous me répugnez, autant que la vomissure des hyènes, malades de s’être empiffrées de nourritures putrides.

 

Le petit hommeétait livide, fou de rage, des perles d’eau suintaient sur sa peau nacrée par la peur et le désarroi.

  • OK

 

Répondit D’jeck comme pétrifié sur place, en équilibre sur ses pattes arrière, tête relevée, cou tendu bien haut,

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    • Comme tu veux. !

       

  • Au fait, fais attention à toi quand même, les chemins ne sont pas très surs dans le coin. Les piqueurs aux tourments, les cracheurs de folie, les blattes baveuses de glues, et bien d’autres encore rodent parfois en quête de nouvelles victimes. Ils sont très joueurs tu sais !

  • L’hideux reptile te salut !

  • Attends... D’jeck… heu !... c’est ça D’jeck ? C’est bien ton nom ? … Attends ne me laisse pas seul, cette atmosphère, cette musique, cet endroit…attends…

 

 

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Le vent chantait son œuvre. Parsival, drame sacré, opéra sublime de Prince Wagner, rempli de poésie, de symboles religieux et de malédiction. L’interprétation était elle musique ? La nature diffuseur de sons ? Les sublimes divagations de l’air exhalaient des notes au goût subtil de pierre, d’eau de pluie et de poussières d’étoiles. C’était une merveille d’émotion et d’enchantement.

 

Le petit homme, n’avait pas l’âme à cela, cette âme qui l’emportait vers un ailleurs divin peut-être ou glauque, qui sait, mais un ailleurs qu’il ne voulait pas.

 

  • Je suis pas mauvais bougre… allez, amène toi…

     

Dans le monde du dessous, la grâce et l’horreur, rassemblent les âmes perdues, en sublime et abjecte union.

A proximité de là, niché dans un cahot de rochers, légèrement en surplomb, un champ de cactus s’étirait en pente peu abrupte sur quelques arpents d’ares.

Bizarrement, l’une des plantes bougeait anormalement, ce n’était pas perceptible à l’œil nu, mais frissons et tremblements semblaient se propager comme vagues sur mer végétale.

 

  • Vite petit homme, partons, la musique va bientôt cesser et le peuple de l’ombre ne va pas tarder à envahir la contrée.

  • Le peuple de l’ombre ? Mais…

  • Suffit les geignements, moi je file !

 

Le petit homme, se décida donc. Avec une vivacité qu’on n’aurait cru tant il paraissait abattu, il entreprit de suivre le lézard dans le dédale de pierres et de rare plantes.

De gauche à droite, partout où ses yeux se posaient, des écroulements de rochers, des crevasses de vallées rouges, violettes, et noires, le chaos primitif, la colère des titans, à moins que ce ne fut celle de Dieu.

 

Une heure durant, le couple singulier, marcha, crapahuta. D’jeck se faufilait nerveusement sur le sol lunaire, tandis que son compagnon s’essoufflait, paniqué par avance à l’idée de perdre son seul fil d’espoir, et peut-être de vie.

 

Au détour d’une arrête verticale, haute de plusieurs dizaines de mètres constellée d’éclats de silicate brillant, le petit homme, stoppa brusquement, saisi, happé par le spectacle grandiose qui fut offert à sa vue. Devrait-il être surpris, après tant d’émotion, de bouleversement intérieur, de souffrance morale et physique ? - Il le fut.

 

Un vrombissement, sourd, aqueux emplissait l’espace. Une impressionnante masse d’eau tombait en une cascade vertigineuse sur un parterre de roches banches et roses. L’eau continuait sa course par divers canaux pour se rassembler dans un large gour en un resplendissant tapis vert du plus pâle d’où jaillissaient éclats d’or et filets pourpres. Spectacle magique, hypnotique, un long moment passa, son regard s’attarda en un large embrassement sur l’environnement immédiat. Une forêt d’eucalyptus s’étend devant lui, tandis qu’à gauche scintillait un lac d’oliviers vibrant en éclats argentés, au-delà, les collines supportaient d’innombrables variétés d’essences, dont on ne pouvait dire avec précision à quelles espèces elles appartenaient.

 

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  • henzzo
  • diplômé déducation physique - spécialisé pour handicapés physiques - exercé handicap,toxicomanie,délinquance. Directeur centre de remise en forme- traversée course à pied des pyrénées - mais aussi de la france en solitaire et du maroc
  • diplômé déducation physique - spécialisé pour handicapés physiques - exercé handicap,toxicomanie,délinquance. Directeur centre de remise en forme- traversée course à pied des pyrénées - mais aussi de la france en solitaire et du maroc

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